1. Économie.
La revue
Protégez-Vous publiait dernièrement un article sur les couches lavables, qui explique en partie 'pourquoi de nombreux parents se tournent encore vers les couches lavables' (numéro de février 2003, p. 35-37). L'auteure explique que 'la facture pour 30 mois de couches jetables à raison de 5 changements par jour en moyenne se chiffre à environ 1500$, selon la multinationale Procter & Gamble et l'ACEF de l'Est, qui publie le livre Un bébé à bas prix. Par comparaison, l'utilisation de couches lavables coûte entre 410$ et 1400$, ce qui peut représenter une substantielle économie, surtout si on réutilise les couches pour un second enfant.'
Qu'en est-il de la facture totale ? Dans le cas des couches de coton offertes par Coccinelle Maternité, le système de couche complet, incluant tous les accessoires, coûte entre 210$ (couches plates prépliées) et 380$ (couches pré-formées) pour la " vie du bébé ", c'est-à-dire jusqu'à sa propreté. Les frais reliés à l'entretien incluent l'électicité et le détergent pour 2.5 lavages/semaine à l'eau tiède pendant 30 mois, pour un total de 150$. Sur une période de 30 mois, une économie totale variant entre 970$ et 1140$ !
Néanmoins, ces chiffres sont très conservateurs, car ils sont basés sur 5 changements de couches par jour, alors que personellement, j'estimerais une moyenne de 7-8 changements par jour (10-11 changements pour les nouveaux-nés, 5-6 pour les 2 ans et plus). Aussi, le coût total d'utilisation des couches jetables estimé à 1500$ est aussi très conservateur, puisqu'il ne tient pas compte des prix des grandes marques de couches (Pampers, Huggies), qui sont plus élevés, et qui malgré tout sont beaucoup plus populaires auprès des mamans. Utiliser des Huggies uniquement, sur une période de 30 mois, s'approcherait du 2000$ (versus le 1500$ énoncé plus haut). J'ai préféré utiliser les chiffres les plus conservateurs pour être le plus honnête possible dans mes calculs.
2. Santé de votre bébé
Très régulièrement, les grandes marques de couches jetables mettent en marché une version " améliorée " de leur couche : Plus flexible, plus confortable, plus absorbante que jamais, finalement très " innovatrice ". Il serait intéressant de prendre ces caractéristiques et de les comparer avec les couches de coton.
D'abord, la flexibilité de la couche jetable est réelle. Celle de la couche de coton aussi. Bien sûr le coton ne s'étire pas beaucoup, mais il n'est pas non plus nécessaire de mettre la couche très serrée pour qu'elle soit efficace, avec les couvre-couches de marque Bummis. Leurs bandes élastiques douces recouvertes de lycra aux cuisses et à la taille s'étirent tout en douceur, s'ajustant à tous les mouvements de bébé, et prévenant les fuites.
En ce qui concerne le confort de la couche jetable, je me questionne. Une telle couche est fabriquée de papier, et dès lors me semble vouée à un certain degré d'inconfort. Je ne porterais par exemple jamais de sous-vêtements jetables, fabriqués de papier, sous prétexte de réduire mes brassées de lavage ! Même si le fabriquant les rends le plus confortable possible, il ne pourra jamais reproduire la douceur et le confort du coton. Il en est de même pour tous les produits que l'on porte contre la peau, qu'on parle de sous-vêtement, de serviettes sanitaires, ou des couches pour bébé. De plus, une couche jetable " pleine " devient énorme et semble tout à fait inconfortable pour le tout petit qui la porte, ou devrais-je dire, qui la supporte !
Donnée clée pour la vente des couches jetables, outre l'aspect " aucun entretien ", la grande absorption. La fameuse matière gélifiante qui transforme l'urine en gel. Avec les années, de plus en plus de produits chimiques entrent dans la composition des couches jetables. Tellement que certains spécialistes et médecins commencent à se poser des questions sur l'impact de ces produits chimiques sur la peau de nos bébés, et finalement sur leur santé à long terme. La couche jetable, portée 24h sur 24 pour une durée de 2 à 3 ans, a-t-elle un impact sur la fertilité masculine ? Et le polyacrate de sodium, qui est responsable du syndrome du choc toxique des tampons hygiéniques jetables, et qu'on nous assure sans danger, l'est-il réellement quand on le retrouve sur les fesses du bébé au matin parce que la couche a dépassé sa capacité d'absorption ? Les fabricants de couches jetables ne sont pas clairs à ce sujet. Le site de Pampers a bien une section intitulée " La Composition d'une couche ", mais elle ne fait que spécifier qu'elle comporte un " rembourrage absorbant " (sans même en donner le nom réel). Huggies est un peu plus explicite : il spécifie les ingrédients réels qui entrent dans la composition de sa couche : (traduction libre) " L'intérieur absorbant de la couche Huggies est fait de cellulose de fibres de bois (un matériel s'approchant du papier) et d'une matière super absorbante appelée polyacrylate. " Il répond aussi à la question concernant les petites boules de gel que l'on retrouve à l'occasion sur les fesses de bébé, en spécifiant qu'elles sont non-toxiques. Je me demande seulement quels genres de tests ont été faits pour savoir qu'elles ne sont pas dangeureuses : lorqu'elles sont en contact quelques heures sur la peau d'un bébé (on sait que leur peau absorbe beaucoup plus facilement les crèmes, entre autre, que celle d'un adulte), ou lorsqu'elles sont en contact pendant quelques heures, mais plusieurs fois pas semaine ? Et si elles sont ingérées (qui sait les idées qui passent par la tête de nos petits fouineurs ! ), est-ce dangeureux ?
Loin de me prétendre scientifique, je ne fais que soulever des questions, à mon sens essentielles. J'aime bien être au courant de tout ce qui entre en contact avec mon bébé, des savons aux crèmes solaires, des couches qu'il porte au lait qu'il boit tous les jours. C'est primordial pour sa santé, car il dépend entièrement de nous pour faire des choix santé à sa place. Et quand je recherche de l'information exacte sur l'aspect sécuritaire des couches jetables, je ne trouve que des propos vides, qui se veulent faussement rassurants.
J'ai la conviction qu'en optant pour le coton, je fais ce qu'il y a de mieux pour la santé de mon bébé. À preuve : les bébés d'aujourd'hui aux couches de coton ne font que très rarement de l'érythème fessier. Les médecins le reconnaissent, puisqu'en cas d'érythème fessier grave, ils prescrivent au bébé le port temporaire de couches de coton pour faire disparaître le problème, ainsi que de laisser le bébé le plus souvent possible nues-fesses, et de le changer dès que la couche est mouillée. Avec les couches de coton, on sait immédiatement si la couche est mouillée, il est donc très facile d'éviter complètement l'érythème fessier. Les couches jetables créent l'illusion du confort, grâce à leur niveau d'absorption, mais le bébé reste en contact avec l'urine, d'où les problèmes de rougeurs.
En ce qui concerne l'aspect " innovateur " des couches jetables, les couches de coton ne sont pas en reste. Elles aussi ont dit adieu aux épingles et fonctionnent à velcros réutilisables. Certaines ont aussi des élastiques aux cuisses et au dos pour diminuer les fuites. Et elles sont plus faciles à entretenir que jamais, avec la méthode " à sec ", sans trempage. Vive l'ère moderne !
3. Écologie
L'idée de faire quelque chose de concret pour l'avenir de votre bébé vous sourit ? Évitez de polluer son monde futur en utilisant des couches de coton. Un bébé changé 5 à 8 fois par jour sur une période de 30 mois utilisera de 4500 à 7200 couches ! Cette quantité astronomique de déchets solides encombre nos dépotoires, et pour longtemps : une seule couche peut prendre jusqu'à 500 ans pour se décomposer. Les excréments humains que l'on retrouve dans les couches consituent un problème supplémentaire. Même s'il est inscrit sur les sacs de couches jetables qu'il faut jeter les solides à la toilette, très peu de gens le font.
En bout de ligne, les couches de coton sont-elles vraiment écologiques ? Voici un extrait de l'article sur les couches lavables de la revue "
Protégez-vous " du mois de février 2003 :
"Environnement Canada considère les couches lavables comme écologiques. Le lot de couches lavables dans la vie d'un bébé représente 10 kg de coton, alors que l'équivalent de couches jetables requiert 200 kg de pâte de papier en flocon et 130 kg d'autres matériaux. Les eaux de lavage des premières sont en grande partie acheminées vers les usines de traitement, alors que les 1,7 milliards de couches jetées chaque année au Canada forment 250 000 tonnes de déchets (le troisième constituant en importance dans les dépotoirs, après les journaux et les contenants de boissons et d'aliments).
Cela dit, les couches lavables ont elles aussi un impact négatif sur l'environnement : leur lavage est énergivore et augmente le volume des eaux usées, et la production de coton emploie beaucoup de pesticides et son blanchiment, beaucoup de produits chimiques. "
À mon avis, chaque bébé utilisant une trentaine de couches de coton en tout jusqu'à sa propreté, le problème de la production et du blanchiment du coton est relativement léger comparativement au problème du blanchiment de 7000 couches jetables. De plus, il est possible de se procurer des couches en coton non-blanchi, telles que celles que vous retrouverez ici chez Coccinelle Maternité. Quant au lavage " très énergivore " : qu'en est-il de la pollution créée semaine après semaine par le véhicule à essence qui, plus souvent qu'autrement, achemine les consommateurs de couches jetables vers le lieu d'achat de ces couches ?
4. Le plaisir !
Utiliser des couches de coton, c'est très excitant ! Elles sont jolies, faciles à poser grâce aux velcros, et les couvre-couches Bummis sont tout simplement adorables. L'utilisation d'un feuillet biodégradable au fond de la couche élimine même la corvée du rinçage ! Et que dire de la satisfaction de ne plus jeter à la poubelle des dizaines de couches à tous les jours. Elles donnent aussi la conviction de savoir que l'on fait ce qu'il y a de mieux pour la santé de notre bébé, et finalement de notre portefeuille.